Sessions de compositions à bord de l'A380 par The Shoes, Alb et Monsieur Monsieur initiée par Air France pour son opération "Air France Music A380 Inspiration"
Brand content en musique


Vous imaginez être sur la place du marché à Aix en Provence… La vendeuse vous dit: «il est beau mon melon. Il vient de Cavaillon. Il a dormi sous le soleil. Oui, Monsieur sous le soleil. Exactement. Regardez-le, ce n’est pas du sucre rajouté à la seringue, là. C’est du vrai. D’ailleurs la famille à qui j’achète ces melons, je la connais depuis deux générations…».
Ça, c’est du storytelling. Qui s’appuie sur une vérité du produit exprimée par un personnage haut en couleur.
Les conteurs, cela existe depuis la nuit des temps. Dans la culture orale, les griots, louangeur ou généalogistes faisait déjà du storytelling et c’était du «content». Et l’audience était contente.
Alors j’aime bien l’idée de la place du marché car pour le brand content, on est dans l’autre sens plus mercantile de la chose. Parlons donc du brand content en musique. Comme dans toutes les strates de la société, c’est le mainstream qui envahit nos pensées. Une normalisation grandissante. C’est, par exemple, Hollywood qui donne le la. L’entertainment est une énorme machine à fabriquer du rire, du sourire et du bien-être au présent. Les fabriques du rêve nous ont quitté pour des paradis plus artificiels. Sans réel passé, sans volonté future. La normalisation nous envahit au quotidien et nous formate jusque dans nos goûts les plus intimes. Il y a bien sûr le meilleur comme le pire. Je ne parlerai que du meilleur pour le plaisir de vos oreilles.

Un petit tour du monde s’impose :
Pour garder les pieds sur terre, autant avoir les oreilles dans les étoiles: Air France (voir vidéo) l’a bien compris en invitant dans l’Airbus A 320, des musiciens à composer en vol des titres inédits avec mise en ligne à l’atterrissage.
Pour se détendre à l’hôtel une fois arrivé: Holiday Inn me propose de participer en mode 2.0 à la sélection en ligne de l’artiste, la chanson, la pochette… de l’album qui va être l’étendard musical publicitaire de la marque.
Je suis arrivé et j’ai envie d’aller au théâtres : je tombe sur le théâtre Häagen Das de Madrid qui me propose de regarder mes comédies musicales préférées en dégustant une bonne glace, car il fait trop chaud.
Heureusement, grâce à ma carte American Express… j’ai pu participer à l’excellent programme musical Unstaged. Mais c’est déjà tellement loin.
Moi, je suis un mec impliqué et je défends toutes les formes de discrimination ou de handicap. Je vais voir le concert du groupe de Rock «Rudely interupted» créé à l’initiative de l’ONG australienne « Scope » dont tous les membres sont atteints d’un handicap. Super soirée.
Je suis très sensible à la création en général et en rentrant à l’Hôtel, je découvre le clip Heartbreak Warfare de John Mayer produit par Adobe à coup de réalité augmentée. J’en prends pleins les yeux et les oreilles.
Belle journée. Je suis fatigué. Je vais me coucher.

Mais là, je reçois un mail de la part d’un pote qui me proposer de pianoter sur le piano de charme de la marque de lingerie «La Senza ». Je tapote un peu et m’endort plein de belles pensées érotiques. Et je pense que je vais acheter un truc pour ma femme.
Ce petit voyage me fait dire que le Brand Content musical comme on dit, vaudrait bien le coup (le coût) de faire durer le plaisir. Pourquoi ne pas penser programme alors ? Ça servirait mieux la marque et le ou les artistes.

Olivier Covo
Associé co-fondateur de Brandy Sound
www.brandysound.com
www.le-lobe.com
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